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Le travail de supervision

Au sein du secteur capitaliste, l’exclusion de la sphère du travail productif de la fraction du travail de supervision liée aux spécificités de l’exploitation capitaliste n’apparaît pas clairement sous la plume de K. Marx. L’interprétation qui en ferait un travail improductif poserait un problème d’ordre logique, en faisant intervenir un critère « évaluatif » (Laibman 1999). En clair, il s’agirait de la seule catégorie de travail considérée comme improductive au seul motif qu’elle disparaîtrait dans une forme sociale plus élevée. Précisons qu’il n’en va pas de même du travail dit de circulation, sur lequel on reviendra dans un instant. Celui-ci est certes lié aux formes marchandes de l’économie, et est destiné à disparaître avec elles ; mais ce n’est pas le motif pour lequel il se voit écarté du travail productif. Au demeurant, le travail consacré à la production d’armes, de biens de luxe, d’affiches publicitaires ou de livres de propagande religieuse, est tout aussi typique d’une organisation sociale jugée aberrante ; cela ne le rend pas pour autant improductif. Ainsi, la fraction du travail de supervision propre au caractère exploiteur du capitalisme, qui ne se distingue en rien des autres travaux consacrés, directement ou indirectement, à la production des marchandises, ne peut subir un traitement d’exception, et être la seule dont le caractère improductif devrait être déterminé par son inutilité dans le cadre d’une société communiste. La cohérence impose de considérer que tout travail de surveillance ou d’organisation, dans la mesure où il s’inscrit dans la production capitaliste de marchandises par le « travailleur collectif », est productif de plus-value, indépendamment de son caractère historiquement déterminé ou de sa nécessité technique.

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