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L'atripodanatoclaste - Page 4

  • Réinventer l'Europe

    L’année 2016 a marqué l’avènement d’une nouvelle donne mondiale très incertaine. L’imprévisibilité du président élu Donald Trump fait peur, de même que le Brexit en Europe qui illustre la faiblesse et la vulnérabilité des démocraties occidentales face aux populismes. Devant cette incertitude, l’Union européenne a un rôle majeur à jouer pour continuer à peser dans le monde multiforme qui est en train de naître. L’Union européenne, une puissance fragile… En mars prochain, l’Union européenne fêtera le 60e anniversaire du traité de Rome de 1957 qui a instauré la Communauté Economique Européenne. Ce sera une occasion unique pour repenser le projet européen et l’inscrire de nouveau sur un horizon de long terme. Cette communauté initiale, rassemblée autour de valeurs communes, est certainement l’un des plus grands aboutissements supranationaux du XXe siècle. La promotion de la paix à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale est passée par l’intégration économique dans un premier temps pour ensuite laisser place à un véritable projet d’Europe fédérale, rassemblée autour de valeurs partagées par tous, l’euro en étant le dernier aboutissement. Mais depuis la mise en circulation de la monnaie unique, l’Europe plonge dans le populisme et dans le repli sur soi. Le Brexit est un signal d’alarme sans précédent, de même que la montée des nationalismes qui vont à l’encontre des fondements essentiels défendus par le Conseil de l’Europe. Le projet européen est à l’arrêt, il stagne en se disloquant peu à peu. Les institutions européennes ne sont plus adaptées à cet élargissement successif qui a été fait avec une vision de court-terme. Elles sont le reflet d’une technocratie que les peuples jugent de plus en plus mal et qui est accusée de défendre les intérêts privés plutôt que le bien commun. Mal comprises, inaccessibles, trop complexes, les institutions sont en panne et les pays membres se replient sur eux-mêmes en érigeant l’Europe en bouc-émissaire de tous leurs maux. L’Europe politique est inexistante, de même que l’Europe de la défense et l’existence d’un véritable budget européen. Le transfert de souveraineté fait peur aux Etats qui se contentent donc des bienfaits du marché commun sans vision commune et sans volonté de progresser ensemble vers plus d’intégration. Le manque de réponse face à la tragédie d’Alep et l’absence de coordination commune face à la guerre en Syrie signent un ralentissement considérable et une perte de crédibilité notable aux yeux du monde. La menace de la dislocation de l’UE doit être l’occasion pour relancer le projet européen en définissant un cadre commun d’initiatives et de projets futurs à mener parmi les pays fondateurs. Il est vain de penser que nous pouvons agir seuls dans ce nouvel ordre mondial qui institue une compétition hors paire, une forme de nouvelle « guerre économique » dont nous devons comprendre tous les enjeux. …qui doit se réinventer profondément Parce que le statu quo condamnerait l’Europe à perdre son rang de puissance mondiale et parce que les valeurs qu’elle défend semblent être en péril, il est urgent qu’elle se réinvente profondément en transformant ses échecs en opportunités pour l’avenir. La mondialisation impose aux Etats de se rassembler et de défendre des intérêts communs face aux autres puissances. L’UE ne peut plus camper sur ses positions atlantistes avec Donald Trump, elle se doit de prendre en main sa défense commune. Les institutions doivent être repensées et l’Europe à deux vitesses doit devenir la norme afin de permettre aux pays fondateurs d’intégrer un maximum de compétences et de créer une véritable union politique. Une police des frontières européennes doit être créée et financée par l’instauration d’un budget européen solide, pilier indispensable à plus d’intégration et de fédéralisme. Le Brexit doit être vu comme une opportunité sans précédent pour relancer le projet européen. Ces mesures imposent des choix de la part des gouvernements nationaux. Les manœuvres politiciennes n’ont plus leur place dans le débat public: il en va de l’intérêt global de tout un continent afin que l’UE se maintienne au rang des puissances qui comptent et qu’elle demeure l’intangible défenderesse des droits de l’Homme, des libertés fondamentales et de la civilisation occidentale. Un enjeu majeur pour l’élection présidentielle française de 2017 L’élection présidentielle de 2017 devra mettre l’Europe au cœur des débats. La France a tout à gagner en reprenant la main sur les grandes orientations européennes. Il s’agit même de son rôle et de son intérêt le plus grand. Parce qu’il ne s’agit pas de revenir en arrière en proposant des réformes inadaptées à la mondialisation et au nouvel ordre géostratégique. La France a tout à gagner d’une relance européenne forte et d’une vision long terme de ce que doit être son avenir. Le nouvel ordre international impose à l’UE de se réinventer profondément. Pour cela, le futur président de la République française devra porter un message clair et audible afin de faire porter haut et fort la voix de la France dans cette réinvention.

  • Que sont devenus les chrétiens d'Orient

    Après avoir bouleversé le monde et suscité l’indignation et la colère, la situation des Chrétiens d’Orient, des Kurdes et des autres minorités persécutées par Daech en Afrique et au Moyen-Orient, semble aujourd’hui ne plus intéresser la communauté internationale. Le pape François avait dénoncé « la persécution des chrétiens dans l’indifférence [1] » générale, après le massacre d’étudiants chrétiens à Garissa, au Kenya. Depuis trois ans, les exactions n’ont cessé de s’amplifier. Pour rappel, à l’été 2014, la prise de la ville irakienne de Mossoul avait contraint des centaines de milliers de personnes à fuir, laissant derrière elles tout ce qu’elles possédaient. Les chrétiens et les chiites qui avaient choisi de demeurer à Mossoul ont subi discriminations et persécutions. En janvier 2015, la vidéo de la décapitation de 21 coptes égyptiens en Lybie par les djihadistes de l’Etat islamique avait fait le tour du monde, déchainant les plus vives passions et provoquant une vague internationale d’indignation. Quelques semaines après cet « épisode » barbare, 200 chrétiens assyriens étaient enlevés, puis libérés contre rançon. Pour la première fois dans l’histoire des Nations Unis, la condition des Chrétiens d’Orient a récemment été abordée. Cette initiative est due à la France qui a présenté une « charte d’action » pour la protection des Chrétiens et des autres minorités persécutées. Le 27 mars 2015, Laurent Fabius a, en effet, défendu cette charte devant le Conseil de Sécurité de l’ONU [2]. La Charte comporte quatre volets principaux : tout d’abord un volet humanitaire pour permettre le retour des réfugiés dans leurs pays ; un volet sécuritaire pour assurer leur retour dans de bonnes conditions ; un volet politique afin de garantir, par les Etats, le respect et la protection de leurs minorités ; et enfin un volet pour lutter contre l’impunité des persécutions et la saisine de la Cour Pénale Internationale[3]. Laurent Fabius a défendu cette initiative en rappelant la tradition française de soutient aux Chrétiens d’Orient : « la protection des chrétiens d’Orient est constitutive de l’histoire de France. J’entends que nous soyons fidèles à cette tradition. En prenant l’initiative de réunir le Conseil de sécurité et d’appeler la communauté internationale à agir, la France défend une cause juste » [4]. Selon Europe 1, « cette réunion du Conseil de sécurité a plus une portée symbolique qu’une réelle efficacité »[5]. Il est encore trop tôt pour savoir si la Charte d’Action sera suivie d’effet. Néanmoins, il apparait déjà peu probable qu’une intervention militaire puisse être envisagée. Que fait l’Union Européenne ? L’initiative française est une avancée politique considérable. Mais que fait l’UE ? En mars 2015, Jean d’Ormesson avait lancé un appel sur Europe 1 pour la création d’une « force européenne ou américano-européenne pour venir en aide aux Chrétiens d’Orient »[6]. Cet appel n’a, semble t-il, pas été entendu et l’Union européenne reste aujourd’hui muette sur la question des minorités persécutées par Daech. Dans le journal La Croix, Laurent Fabius, déplore sa frilosité et considère que l’initiative française « montre le chemin [7] » à suivre.

  • Conduite neigeuse

    Je pense que se confronter au danger est un besoin fondamental chez l'être humain. Il a besoin de ressentir cette peur à intervalles réguliers. Et quand le danger manque, c'est alors lui qui le cherche. Il y a quelques jours, par exemple, je suis parti à Chamrousse pour effectuer un stage de conduite sur glace. Et alors que j'évite de conduire par temps de verglas, j'ai beaucoup apprécié de pouvoir conduire sur la glace comme un pro ! Et surtout, à me faire de belles frayeurs ! C'est étrange, en fait. L'on s'emploie à essayer des activités qui, dans l'univers du quotidien, sont une plaie. Tenez, le train fantôme, par exemple. Voilà une machine conçue dans un seul but : effrayer. La peur est pourtant une émotion gênante. Mais dans un train fantôme, l'on paye pour la ressentir. L'homme exécute de fait intentionnellement des activités qui, si elles n'étaient pas proposées dans un contexte spécifique, seraient vécues comme un problème. Ce procédé est franchement hallucinant, en vérité. Nous cherchons par ce moyen à renouer avec cette impression que nous ressentions avant que notre monde moderne ne nous protège : la peur. Et de fait, elle nous est vendue sous une infinité de formes. Les jeux vidéo nous offrent par exemple de combattre, de chasser, ou alors d'échapper à une nuée de pièges particulièrement tordus. On peut en fait vivre dans ces mondes de pixels ce qui a été supprimé de notre existence : le danger. La menace qui a longtemps commandé nos habitudes s'est à présent changée en une source de divertissement sans fin. C'est au point où notre société de confort en vient à entretenir un véritable fantasme de destruction et de retour au chaos. De nombreux romans décrivent ainsi la fin de notre civilisation, que ce soit par des infestations de zombies ou la guerre. Ce n'est en rien un hasard : en plus d'offrir du danger à ses lecteurs, ces livres sont aussi les témoins d'un véritable fantasme, d'une nostalgie bien réelle du danger. Pour finir sur une note plus légère, j'ai beaucoup aimé ce stage de conduite sur glace à Chamrousse. D'ailleurs, je vous mets en lien le prestataire par lequel je suis passé.